Yassine Boukhedouni
Bien que les Égyptiens nomment leur révolution : La révolution du 25 janvier, ses agitations premières trouvent leurs origines dans la série d’immolations de jeunes égyptiens, depuis le début du mois de janvier 2011, exprimant leur refus du niveau de vie de la majeure partie du peuple égyptien, les inégalités dans le pays, l’absence des libertés, les brutalités policières ainsi que le désir d’une égale distribution des richesses du pays.
« L’effet Facebook » : Comme dans le cas tunisien, Internet, avec ses multiples utilisations, a joué un rôle crucial dans le déclenchement de la révolution égyptienne de 2011. En effet, les réseaux sociaux sur Internet, entre autres Facebook et Twitter, ont beaucoup aidé les militants pour la démocratie et les droits de l’homme en Égypte et dans les autres pays arabes, à organiser, déclencher et mener à bien les mouvements insurrectionnels qui secouent la région.
Tout a commencé le 25 janvier 2011 après un appel lancé sur Facebook par un groupe de jeunes internautes : le mouvement du 6 avril. Or, comme sous n’importe quel régime autoritaire et dès les premières journées, les manifestations furent violemment réprimées par les forces de sécurités, qui coupèrent internet ainsi que les communications mobiles dans tout le pays.
Sentant le danger que représente la chaine qatarie El Jazeera pour le règne du président égyptien déchu Moubarak, les autorités tentent à partir du 27 janvier 2011 de fermer ses bureaux du Caire. Malgré cette coupure voulant notamment empêcher les internautes ainsi que les journalistes d’effectuer leur travail, les Égyptiens descendent de nouveau par dizaines de milliers dans la rue le 28 janvier 2011 pour ce qu’ils appellent « le vendredi de la colère ».
« Je n’avais pas l’intention d’être de nouveau candidat à la présidence » : Au pouvoir depuis 31 ans et à l’âge de 83 ans, le président déchu, dans son premier discours du 29 janvier 2011, commence à sortir ses cartes. Il veut séduire ses citoyens en destituant son gouvernement et nommant un vice-président, mais la riposte des Égyptiens est claire : ils se durcissent et l’occupation de la place Tahrir par ces derniers commence le 29 janvier 2011. Le jour de son premier discours, le 1 février 2011, l’ONU évoque 300 morts, 3 000 blessés et des centaines d'arrestations, les victimes de la répression violente des manifestants.
« Ma’arakate Eldjimal ou la bataille des chameaux » : Les 2 et 3 février 2011 étaient les jours les plus troublants de ces manifestations. En réponse à l’occupation de la place Tahrir par les manifestants, les Baltajiya (des nervis, des hommes de main payés ou des policiers déguisés en manifestants) et des partisans de Moubarak les ont attaqués à dos de chameau, avec des bâtons et des cailloux. Les heurts continuent pendant deux jours et le bilan est alors de six morts et 836 blessés. Un évènement qui traduit bien la bassesse de la politique primitive de ce régime dictatorial.
Les jours qui suivent voient se dérouler d’énormes mobilisations contre ce pouvoir. Le nombre des manifestants se compte désormais par centaines de milliers, tous réunis, jours et nuits, à la place Tahrir ou dans les autres grandes villes. Les journées du 6, 7 et 8 février étaient celles du vice-président Omar Sulaiman qui tente avec toutes les manières d’entamer un dialogue avec l’opposition et les représentants des indignés sur la place Tahrir. Le résultat de ses concertations fut un fiasco.
« Le communiqué n° 1 » : Comme à l’époque de la guerre Arabo-Israélienne les années 1960 et 1970, l’armée égyptienne reprend la méthode des communiqués, vu la sensibilité critique de la situation en Égypte. Elle explique son intervention par un souci de protéger la nation. De l’autre côté, Moubarak rappelle ses citoyens qu’il ne se représentera pas, comme il le leur avait promis, mais réaffirme qu’il poursuivra son mandat à terme, c’est-à-dire jusqu’à Septembre 2011. Par conséquence, les manifestants à la Place Tahrir brandissent leurs chaussures et demandent toujours son départ.
Lâché par les Américains, refugié à Charm El-Chikh, le président déchu décide de laisser ainsi le pouvoir vacant. C’est le vice-président Omar Sulaiman qui le déclare le 11 février 2011. Ainsi, après 3 semaines de manifestations et d’énormes mobilisations populaires, l’armée récupère le pouvoir en attendant la tenue d’élections démocratiques. À la place Tahrir ainsi que dans toutes les autres régions du pays, la population laisse exploser sa joie suite à l’annonce du départ de Moubarak. Selon le ministère de la Santé égyptien, publié le 16 février, le bilan de la révolution du 25 janvier 2011 est le suivant : 365 morts et 5500 blessés.
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