mardi 17 avril 2012

La démocratie égyptienne et l’épreuve des militaires et des Islamistes

Yassine Boukhedouni

Plus d’un an depuis la chute du règne dictatorial de Moubarak, les Égyptiens tardent toujours à voir naître ce régime démocratique pour lequel des millions d’eux ont fait leur révolution un certain 25 janvier 2011. Or, pour beaucoup de commentateurs, les militaires, les anciens alliés du président déchu Moubarak tirent toujours les ficelles du pouvoir politique au pays du Nil. Selon eux, ils constituent une vraie menace pour la restauration d’une démocratie au pays au même titre que les Islamistes, contre lesquels plusieurs intellectuels libéraux égyptiens mènent leur combat. 

CSFA : Garder le clan Moubarak au pouvoir coûte que coûte 

Pour Alaa Al Aswany, l’intellectuel égyptien engagé et l’auteur notamment de l’Immeuble Yacoubian, les généraux du Conseil militaire suprême n’ont jamais été du côté du peuple égyptien dans sa révolution comme ils n’ont pas protégé cette dernière, une idée à laquelle leurs médias veulent nous faire croire. Or, la mise en place de ce conseil a permis au clan Moubarak de se maintenir au pouvoir. « Je pense qu’il y avait des malentendus dès le commencement de la révolution. Le peuple qui a fait la révolution a considéré que la chute de Moubarak était la première étape pour éliminer le régime ; par contre, le Conseil militaire a accepté le départ de Moubarak comme une étape nécessaire pour préserver le régime », développe-t-il dans une interview accordée au journal algérien francophone El Watan.

Le Conseil suprême des forces armées (CSFA) était censé diriger le pays transitoirement pendant six mois après la révolution, le temps d’assurer une transition pacifique du pouvoir politique. Or, 14 mois après mais le conseil est toujours là et mène l’Égypte à la Moubarak. En plus d’aider ce dernier et son clan à se retirer en toute garantie et malgré son engagement « de favoriser la démocratie » et de mettre en œuvre « les demandes légitimes du peuple», rien n’a vraiment changé quant aux méthodes de gouvernance. En effet, les libertés publiques ne sont pas respectées et ceux qui osent critiquer l’armée dans sa façon de gérer les affaires d’État sont passibles des tribunaux militaires, le cas des journalistes qui ont traités l’accord entre les militaires et les Frères Musulmans ; les médias officiels sont encore sous le contrôle des partisans de l’ancien régime et les manifestations pacifiques de l’opposition sont toujours brutalement réprimées par eux. Durant les 14 mois de leur règne, ils ont tiré dans la foule à maintes reprises. 

Pour l’élite libérale égyptienne, le bilan des militaires est très négatif. Le constitutionnaliste égyptien Ibrahim Darwish, dans son entretien accordé au journal égyptien francophone El Ahram Hebdo décembre-janvier 2012, s’attend à un coup d’État et à une deuxième révolution contre le Conseil militaire. Bien qu’ils réclament toujours qu’il faut laisser faire la démocratie quel que soit l’idéologie de ceux qui gouverneront l’Égypte, les démocrates égyptiens, en plus de s’opposer au régime des militaires mènent un autre combat contre les Islamistes qui les considèrent comme « corps étranger » à la société égyptienne. 

Les Islamistes : menace et complices du CSFA

On reconnaît généralement que les Islamistes dans les États arabes où les populations se sont soulevées pour la démocratie, à savoir, la Tunisie, l’Égypte et la Libye; sont ceux qui ont le plus subi l’exclusion, la répression et l’interdiction de quelconque travail politique. En effet, les régimes autoritaires de Ben Ali, de Moubarak et de Kadhafi ont réussi de vendre à l’occident et pendant des décennies l’image de régimes qui œuvrent contre le fondamentalisme et le terrorisme religieux. Pour beaucoup de commentateurs, c’est avec cette image de victime des précédents régimes autoritaires que les Islamistes ont réussi à obtenir l’appui des populations arabes lors des différentes élections post-révolution.

Il n'empêche que plusieurs leaders du fondamentalisme religieux engagés récemment dans le travail politique dans ces pays-ci se voient antidémocrates plus que les autoritaires arabes. C’est le cas des Salafistes en Égypte considérés comme plus radicaux que les Frères Musulmans. Leur parti politique Al-Nour fondé trois mois après la chute de Moubarak a obtenu 127 des 498 sièges du parlement.

Abdel Moneim El Shahat, l’un des fondateurs de ce parti a, dans une émission télévisée, décrété que la démocratie est une forme d’apostasie. De plus, quelques mois avant la révolution du 25 janvier 2011, ces mêmes Salafistes rejetaient la démocratie parce qu’elle est occidentale mais des mois après ils reviennent et ils utilisent des valeurs humaines et universelles auxquelles ils ne croyaient pas. 

Plusieurs révélations journalistiques parlaient d’une énorme aide financière de la part de l’Arabie Saoudite aux salafistes en Égypte, d’autres du pacte conclu entre les militaires du Conseil Suprême des Formes Armées et les Islamistes d’où le danger potentiel pour cette démocratie naissante en Égypte. Pour Alaa Al Aswany : « Le Conseil militaire est en train de persécuter les révolutionnaires en les accusant d’être financés de l’extérieur et les faire passer pour des agents, ce qui est totalement faux par ailleurs, alors que curieusement il ferme les yeux sur le financement étranger des islamistes ». Toute une stratégie pour rester au pouvoir de manière indirecte en ouvrant la porte aux islamistes en les intégrant dans son plan.

L’importance donnée par les Salafistes égyptiens au discours tournant autour de la femme, sa liberté, ses modes vestimentaires, des modes de vie et des comportements individuels des Égyptiens; risque de faire détourner le débat politique en Égypte des vraies questions, à savoir le relancement de la machine économique et établir un vrai État de droit et de démocratie où le pouvoir ne serait qu’entre les mains des civiles. Une situation qui a poussé le célèbre réalisateur égyptien Khaled Youssef à déclarer que les Égyptiens feront une deuxième révolution au cas où le candidat des Islamistes aux présidentielles Hazem Salah Abu Ismail, qui a fait du travail de la femme, les banques, le tourisme, l’art et les Coptes son champs de bataille pour ces présidentielles, gagnait les élections du 24 Mai 2012. Sa candidature a cependant été rejetée récemment par le comité chargé d'approuver les mises en candidature, officiellement parce que sa mère aurait détenu la nationalité américaine peu avant sa mort.

À la veille de ces élections, il faut laisser faire la démocratie. Chose certaine, les populations en Égypte et partout ailleurs dans le Monde arabe découvriront que l’islam politique n’a rien à voir avec la religion à laquelle ils croient et que les tenants de l’idéologie de l’islam politique ne sauront pas résoudre leurs problèmes auxquels ils sont confrontés.

dimanche 25 mars 2012

Retour sur la conférence d'Ottawa

Jérémie Lebel




Du 15 au 18 mars, je suis allé à Ottawa avec deux autres membres de la Délégation Droits et Démocratie à l’Université Laval pour en apprendre plus sur la contribution du Canada à la promotion de la démocratie dans le monde. En voici un bref aperçu.

En compagnie de Nancy Dupont, déléguée aux finances, et de Sabrina Zouaghi, secrétaire et responsable de notre projet sur le Printemps arabe, j’ai assisté à une fin de semaine complète d’activités et de conférences sur le sujet. Le colloque, organisé par Droits et Démocratie, avait pour titre "La contribution du Canada à un monde plus démocratique" et portait sur les initiatives canadiennes en matière de promotion de la démocratie  à l'étranger.

Nous avons commencé par visiter le Parlement canadien, où nous avons rencontré Hélène Laverdière, critique officielle en matière d’affaires étrangères, qui nous a confirmé que la vie de député est incompatible avec le sommeil et la nutrition, mais est aussi profondément gratifiante. Nous avons ensuite assisté à un spectacle de cirque assez bruyant, que la convention désigne sous le nom de période des questions (c’est vraiment aussi pire qu’on le dit).

Mais nous avons surtout pu découvrir le milieu des professionnels en la promotion de la démocratie. Il existe un éventail d’organismes publics, parapublics et indépendants qui travaillent à renforcer les institutions démocratiques là où elles existent et à favoriser leur émergence là où elles sont absentes. L’institution canadienne directement responsable de ce mandat est l’agence Droits et Démocratie, basée à Montréal, qui bénéficie d’une indépendance relative face au gouvernement (ses décisions sont autonomes mais son CA et son président sont nommés par le Cabinet, et son financement vient du gouvernement). Élections Canada accomplit aussi un travail de partage de son expertise avec des gouvernements étrangers. Le Centre parlementaire, quant à lui, travaille pour renforcer les capacités des régimes parlementaires partout dans le monde, par exemple en formant les députés au travail en comités ou à la mise en place d’un cadre rigoureux d’élaboration et de surveillance du budget. L’Association canadienne des ex-parlementaires a aussi intégré une mission de promotion de la démocratie à son travail. À l’étranger, le National Democratic Institute (NDI), créé par le gouvernement américain et relié par ses réseaux au Parti démocrate, est l’un des plus gros joueurs. Beaucoup de Canadiens y travaillent, ce qui crée des réseaux de sympathie permettant plus facilement à des expatriés d’ici de s’y placer.

Nous avons aussi rencontré des représentants de Canadem, une entreprise qui agit comme une agence de placement, mais dans le domaine précis des stages dans le secteur de l’observation électorale. Moyennant des frais assez élevés, l’organisation trouve un stage au participant et l’y prépare. L’observation électorale est un créneau spécial, dans lequel les acteurs sont essentiellement impuissants; néanmoins, c’est un travail utile qui peut en intéresser plusieurs.

Le monde du développement démocratique n’est pas exempt de controverses politiques, comme en témoigne la crise qui a secoué Droits et Démocratie en 2008-2009. L’indépendance des organisations dépend toujours de leur acte constitutif et surtout de l’origine de leur financement. Par exemple, une grosse part du financement du NDI américain vient de l’agence américaine d’aide au développement (USAID). Au Canada, le financement de Droits et Démocratie est donné par le Ministère des affaires étrangères et par l’Agence canadienne de développement international. Ces limites existent cependant dans le reste du monde du développement international.

Les compétences professionnelles recherchées dans le milieu du développement démocratique sont globalement similaires à celles du développement en général. L’expérience terrain est très valorisée, ce qui peut mener au paradoxe d’ « il faut de l’expérience pour avoir de l’expérience ». Les parcours des professionnels sont généralement marqués par des études libérales, des affinités avec le monde du développement ou celui de la politique, et un fort intérêt pour les affaires internationales. 

samedi 25 février 2012

La montée du fondamentalisme religieux en Tunisie post-révolution: doit-on avoir peur pour la démocratie et l’État de droit?

Yassine Boukhedouni

De retour d’un voyage en Tunisie le mois de janvier 2012, le célèbre journaliste britannique de The Independent, Robert Fisk, fait un constat sombre de ce que vivent les Tunisiens un an après leur révolution pour la dignité et la chute de la dictature de Ben Ali. En plus d’un taux de chômage élevé parmi les jeunes (800 000 chômeurs sur un total de 3.5 millions de la population active), un taux de croissance annuel moyen de zéro pour cent durant l’année 2011, ce qui est normal dans un pays en transition et où 80 pour cent des entreprises internationales ont quitté la Tunisie, Fisk découvre un nouveau visage de cette dernière.

En effet, l’élection d’un parlement à majorité islamiste, avec 40 pour cent des sièges obtenus par le mouvement Islamiste Ennahda et surtout la montée d’un courant du fondamentalisme religieux, le Salafisme, ont donné naissance à l’intolérance sociale menant à maintes reprises vers la violence et la terreur, des valeurs inconnues par les femmes et hommes tunisiens même pendant la dictature de Ben Ali.

On ne peut pas nier le fait que les islamistes et les Salafistes sont ceux qui ont le plus souffert de la dictature du président déchu Ben Ali. Or, après des décennies d’emprisonnement, de torture et d’interdiction du travail politique ou associatif, ces courants trouvent dans la Tunisie post-révolution le climat favorable à leurs comportements non conformes aux valeurs et à l’Histoire de ce pays qui datent de plusieurs longs siècles.

À titre d’exemple, la ville de Sejnane au nord du pays s’est transformée début 2012 en un Émirat salafiste où les tenants de ce courant sèment la terreur et imposent leur loi selon le quotidien tunisien El Maghreb. Pour les Salafistes qui sont en total désaccord avec le mouvement islamiste d’Elnnahda, parce que la Tunisie est libre et est redevenue majoritairement islamiste, c’est à eux de faire appliquer la religion même en semant la terreur et l’anarchie et en intimidant les gens parce qu’ils ont commis tel ou tel péché.

C’est le cas dans cette ville tunisienne du Nord, en l’absence de l’État et des autorités sécuritaires, une poignée de salafistes profite de la situation pour faire appliquer les limites de la religion sur les pécheurs. Certains de ces derniers ont bu de l’alcool.

Loin de Sejnane et à 160 KM à l'ouest de la capitale Tunis, dans la ville de Jandouba, les Salafistes sont allés trop loin en défiant les autorités de l’État tunisien. (Il faut rappeler que la notion de l’État-nation moderne comme on la connaît n’existe pas dans leur dictionnaire, mais mettre en place un Califat islamique où la Charia se pratique à la lettre reste leur souhait le plus vif). En effet, le jeudi 23 février 2012, ils ont mis le feu à un commissariat de police après l'arrestation de l'un d'entre eux.

Selon ce que le quotidien d’information générale 20 minutes a rapporté : « Les forces de sécurité poursuivent quelque deux-cents salafistes armés d'épées et de bâtons après un échange de cocktails Molotov et de grenades lacrymogènes », raconte Omar Inoubli, un habitant de la ville de Jandouba. « Ces groupes ont mis le feu à un commissariat. Les haut-parleurs des mosquées diffusent des appels au Jihad (guerre sainte) », ajoute-t-il.

Dans la ville de Jandouba comme celle de Sejnane et ailleurs, les Salafistes ne sont là que pour créer d’autres tensions sociales et politiques dont la Tunisie n’a pas besoin, surtout dans cette étape historique critique que traverse le pays. Vouloir imposer un mode de vie strict, des tenues vestimentaires, pour les femmes et pour les hommes, importées de la péninsule arabique ou du Golfe Persique ne va en rien aider la Tunisie, État et société, à dépasser la crise qu’elle vit comme ne va pas non plus servir l’Islam et son message que les tenants de ce courant idéologique prétendent diffuser.

Avec la crise économique, la montée du fondamentalisme religieux en Tunisie doit être vue comme la pire menace de l’État de droit pour lequel les Tunisiens ont fait leur révolution et aussi à ce que les Tunisiens ont acquis en matière de libertés.

mercredi 22 février 2012

Tunisie: le second départ


Par Geneviève Beaulieu Veilleux




Après un coup révolutionnaire encore tout frais, la Tunisie est depuis un peu plus d’un an entrée dans une phase de transition. Si de profonds changements secouent le pays d’Afrique depuis la chute du président Ben Ali en janvier 2011, ce n’est pas pour demain que la liberté de presse sera instaurée pour de bon. Toutefois, l’espoir persiste dans le cœur des journalistes et de la population si on en croit les conférenciers invités à la semaine de Droits et Démocratie de l’Université Laval.

«Il faut se rappeler que la liberté de presse n’est pas consacrée dans les écrits, on y parle plutôt de liberté d’expression», indique Louis-Philippe Lampron, professeur de droit à l’Université Laval. Ainsi, selon les libellés, penser, parler, écrire, et imprimer librement sont des concepts défendus par la loi sous certaines limites.

M. Lampron insiste cependant sur le fait que la liberté de presse est une notion sinequanone des régimes démocratiques. «Cette liberté passe notamment par la protection accrue des journalistes et par une garantie d’indépendance des médias», indique-t-il. Le professeur pointe ici du doigt l’intimidation qui a longtemps pesée sur le métier de journaliste en Tunisie pendant l’ère dictatoriale.

Invité à commenter la situation ancienne et présente de la liberté de presse en terre tunisienne, Taïeb Moalla, journaliste et Tunisien d’origine, n’y est pas allé de main morte. «On est passé de 50 ans de constipation à une diarrhée verbale totale. Ce n’est pas beau, mais ça soulage!», laisse-t-il tomber. D’après lui, dénoncer la censure est un devoir, une question de principe. «Il faut protéger la liberté d’information et la presse de la censure ou de l’intimidation qu’on soit lecteur ou bien journaliste», continue-t-il.

Employé au Journal de Québec, M. Moalla insiste sur le fait que le métier de journaliste est demeuré le même depuis 25 ans. «Ce sont les conditions qui ont changé. On est nettement plus en sécurité maintenant. Le nombre de fois où un journaliste devait risquer sa peau pour livrer la nouvelle sous Ben Ali, c’est inimaginable!», s’exclame-t-il. Le journaliste parle par expérience, mais on peut également se rappeler le cas de Soufiène Ben Hamida, de la chaîne Nessma, qui a subi de l’intimidation lorsque des rebelles ont «tagué» sa voiture du mot «mécréant». De nombreux autres journalistes ont été violentés ou agressés sexuellement dans l’exercice de leur fonction comme la journaliste de CBS Lara Logan l'a été en Égypte en février 2011.

Après la chute de Ben Ali ou «prédateur de la liberté de presse» comme on aime à le surnommer, l’espoir renaît pour la libre circulation de l’information. Toutefois, les mauvaises habitudes sont tenaces et c’est avec une certaine réserve que M. Lampron et Moalla entrevoient la transition de la Tunisie. «On a retrouvé la liberté, maintenant il n’est pas question de nous l’enlever de quelque façon que ce soit. Il faut se battre au quotidien, la propagande n’est plus aussi visible qu’avant, mais elle est toujours dans l’air de façon plus subtile», déclare le journaliste.

Si la multiplication des sources médiatiques est positive en soi aux yeux du Tunisien, la qualité laisse parfois à désirer. Monsieur Moalla conserve un bon espoir que la crédibilité revienne. «Il faut juste garder en mémoire que si une connerie est publiée 100 fois ou même 100 000 fois, ça n’en devient pas plus une vérité. Il faut faire preuve de rigueur.»

Comment regagner la crédibilité de la population après des décennies de désinformation médiatique et d’accointances entre les médias et la famille Ben Ali ? Le journaliste estime qu’il importe de multiplier les reportages de terrain, car plus l’information sera prouvée, plus la crédibilité risque d’être au rendez-vous. Il concède que les journalistes tunisiens ont beaucoup à se faire «pardonner». Toutefois, la volonté serait là.
Et la Tunisie dans 20 ans ? «Je rêve de démocratie, du respect des libertés et je sens que cela est possible. On a fait fuir nos dictateurs sans aide extérieure et on a tenu une élection démocratique libre moins d’un an après notre révolution, c’est un pas énorme!», souligne M. Moalla confiant.

Comme l’indiquait le mois dernier Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporter sans frontière, dans une lettre ouverte aux dirigeants tunisiens, le nouveau pays en est à ses premiers balbutiements avec la liberté et certains conseils sont les bienvenus. «Il est plus que jamais temps que les nouvelles autorités prennent leurs responsabilités face à l’ensemble de ces problèmes. Elles doivent envoyer un signal fort à tous ceux qui bafouent la liberté d’expression et la liberté des journalistes à pouvoir informer en toute indépendance. Au-delà des polémiques, des questions politiques et des convictions religieuses individuelles, la liberté d’expression, en tant que premier acquis de la révolution, doit faire l’objet d’un consensus et être protégée par tous. Elle est l’affaire de tous. Le point d’entrée vers la liberté. Le point de retour vers la dictature.», soutient M. Julliard.

samedi 18 février 2012

Entrevue avec Tamylia Elkadi

http://vimeo.com/35481996  

Pendant que les élections égyptiennes battent leur plein jusqu'en mars 2012, Tamylia Elkadi, étudiante à l'Université de Montréal, nous explique ce qu'elle a vécu au moment du déclenchement des révolutions, au Caire, en janvier 2011. L'entrevue a été réalisée à l'automne dernier par Laurence Houde-Roy, de la Délégation Droits et Démocratie à l'Université Laval, qui est maintenant en France en échange étudiant.